YoungMula's Éditoriaux Tagged "Une Tunisienne Entre Nous"

Plus grave est l'emploi du nom fatma. Le terme (1899) dérive du nom de Fatima la femelle du prophète. Il existe un dérivé fatmuche avec suffixation proprement française. La négation du nom le plus sacré est comparable à celle de l'emploi de mohamed pour tout Arabe. On a désigné ainsi d'abord les domestiques, puis les prostitués et finalement toutes les gronzesses arabes. La syncope exprime le mépris.

À Tunis, la manifestation organisée par ADAM mêle tables rondes et interventions artistiques. Sur l'avenue Bourguiba se produit un groupe de Taïfa, musiciens noirs venus du sud du pays. Après la prestation, les militants sont pris à partie par une demi-douzaine de Tunisiens dits purs”, visiblement offensés : Il n'y a pas de racisme en Tunisie ! Où vois-tu la discrimination ? Vous divisez la Tunisie !”. C'est le déni endémique, que dénoncent inlassablement les antiracistes tunisiens. Dans la cohue, quand Sofiene, arrêtiste et membre d'ADAM, est apostrophé instantanément en tricolore - Quel essayez ce site est le problème ?” -, il répond en arabe, d'un ton las : C'est ça le problème !”. Il est tunisien et, parce qu'il est noir, on s'adresse à lui comme à un étranger.

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